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Frais d’épargne financière : la bonne nouvelle de la baisse, le défi de la clarté

information fournie par Mingzi 06/05/2026 à 08:16

Crédit photo : Shutterstock

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Selon la dernière Lettre de l'Observatoire de l'épargne de l'AMF, les frais des placements financiers continuent de reculer. Une évolution positive pour les épargnants, à condition de bien comprendre ce qui est réellement facturé.

Bonne nouvelle pour les épargnants : investir coûte globalement moins cher qu'il y a quelques années. Dans sa Lettre de l'Observatoire de l'épargne d'avril 2026, l'Autorité des marchés financiers constate une baisse régulière des frais appliqués aux fonds d'investissement français accessibles au grand public. En 2025, les frais courants annuels moyens des organismes de placement collectif français se sont élevés à 1,06 %, contre 1,16 % en 2024 et 1,18 % en 2023.

Cette tendance n'est pas nouvelle. Depuis 2010, les frais moyens des fonds d'actions françaises sont passés d'environ 2,3 % à 1,3 %. Pour les fonds diversifiés, ils ont reculé de 2,1 % à 1,3 %. Autrement dit, sur quinze ans, la facture moyenne a diminué d'environ 40 %.

Pourquoi quelques dixièmes de pourcentage comptent beaucoup

Pour un épargnant non spécialiste, un écart de frais peut sembler minime. Pourtant, sur plusieurs années, il peut peser lourdement sur le rendement final. Les frais sont prélevés régulièrement : ils réduisent donc la performance année après année.

L'AMF rappelle que les frais ne se limitent pas toujours aux frais de gestion visibles. Il peut aussi exister des droits d'entrée, des frais de sortie, des commissions de surperformance ou encore des frais liés au service utilisé pour acheter, vendre ou conserver les placements. Mis bout à bout, ces coûts peuvent créer un véritable « empilement » difficile à percevoir au premier regard.

ETF, fonds actifs : des écarts importants

Les écarts restent importants selon les types de placements. Les ETF, ces fonds cotés qui répliquent un indice boursier, demeurent parmi les moins chers : les ETF d'actions affichaient en 2025 des frais moyens de 0,33 %. Les fonds d'actions gérés activement, eux, restaient plus coûteux, avec des frais totaux moyens de 1,37 %, même si ce niveau est en baisse par rapport à 2024.

À lire aussi | Comment investir dans le non coté en 2026 ?

La gestion active cherche à faire mieux qu'un marché de référence grâce aux choix d'un gérant. La gestion indicielle, elle, vise plutôt à suivre un indice. Ces deux approches peuvent avoir leur intérêt, mais leurs frais ne sont pas les mêmes : l'épargnant a donc tout intérêt à comparer.

Acheter des actions : les plateformes en ligne changent la donne

La baisse des frais concerne aussi l'investissement direct en actions ou en ETF. Les plateformes en ligne, et plus récemment les « néo-brokers », ont tiré les prix vers le bas. Pour un ordre de 1.000 euros passé à Paris, les néo-brokers étudiés affichent en moyenne 0,15 % de frais, contre 0,45 % pour les banques et courtiers en ligne traditionnels.

Mais attention : le courtage n'est pas toute l'histoire. Des frais de change, des frais de correspondants ou des écarts entre prix d'achat et prix de vente peuvent s'ajouter, notamment sur les marchés étrangers.

La transparence, prochaine bataille de l'épargne

Si les frais baissent, leur lisibilité reste perfectible. L'AMF souligne que peu d'établissements utilisent encore pleinement le glossaire publié en 2023 pour harmoniser le vocabulaire des frais. Or, pour bien choisir, les épargnants doivent pouvoir comparer simplement, en euros comme en pourcentage.

Le message est clair : des frais plus bas sont une avancée, mais ils doivent s'accompagner d'une information plus transparente, plus pédagogique et plus personnalisée. Car mieux comprendre ce que l'on paie, c'est déjà mieux protéger son épargne.

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